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Un champion français đŸ‡«đŸ‡·

iArtisan est la premiĂšre newsletter française qui vous fait dĂ©couvrir l’innovation et les tendances dans l’artisanat et, plus largement, dans l’univers des entreprises de proximitĂ© (commerce, services, hĂŽtellerie & restauration), ici et ailleurs.

Chaque jeudi Ă  midi, 5 minutes de lecture passionnante pour (re)dĂ©couvrir aussi les savoir-faire intemporels qui font battre le cƓur de la France : gastronomie, patrimoine, mĂ©tiers d’art et excellence du geste.

Ensemble, célébrons celles et ceux qui, avec passion, inventent et réinventent.

AU SOMMAIRE CETTE SEMAINE đŸ—žïž

🩞 OĂč ouvrir votre prochain restaurant ?

đŸ‡ȘđŸ‡ș Colonisation numĂ©rique : l’Europe montre les muscles

đŸ‡«đŸ‡· Alma, champion français au service des commerçants

đŸ‡Ș🇾 Sagrada FamĂ­lia, le rĂȘve achevĂ© de GaudĂ­

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COLONISATION NUMÉRIQUE : L’EUROPE MONTRE LES MUSCLES đŸ‡ȘđŸ‡ș

Depuis le 4 juin 2026, le moteur de recherche français Qwant est devenu le moteur par défaut sur les navigateurs Microsoft Edge et Mozilla Firefox du Parlement européen.

Les utilisateurs pourront toujours revenir Ă  Google s’ils le souhaitent, mais le symbole est lĂ  : Bruxelles veut appliquer Ă  ses propres outils le discours qu’elle tient depuis des annĂ©es sur la souverainetĂ© numĂ©rique.

Le choix est politiquement cohĂ©rent. Qwant est français, positionnĂ© sur la protection des donnĂ©es personnelles, et s’inscrit dans un projet europĂ©en plus large avec l’allemand Ecosia pour bĂątir un index de recherche web europĂ©en. Dans un secteur dominĂ© par les gĂ©ants amĂ©ricains, l’argument est simple : si l’Europe veut des alternatives, elle doit commencer par les utiliser.

Un symbole plus qu’un basculement

La dĂ©cision reste toutefois modeste Ă  l’échelle du marchĂ©. Google domine toujours massivement la recherche en ligne (88 % de PDM en Europe), tandis que Qwant reste sous la barre de 1 % de part de marchĂ© en France. Autrement dit, le Parlement europĂ©en ne remplace pas Google par un rival Ă©tabli, mais par un acteur encore balbutiant bien que créé il y a 13 ans dĂ©jĂ .

C’est prĂ©cisĂ©ment ce qui rend la dĂ©cision controversĂ©e. Les dĂ©fenseurs y voient un signal nĂ©cessaire pour soutenir un champion europĂ©en. Les critiques y verront une prĂ©fĂ©rence politique pour un outil jugĂ© moins performant. La question est donc moins de savoir si Qwant est dĂ©jĂ  au niveau de Google que de savoir si l’Europe accepte de donner une chance Ă  ses propres solutions.

Un contexte de dépendance numérique massive

Ce choix intervient dans un contexte plus large. L’Union europĂ©enne dĂ©pend encore Ă  plus de 80 % de fournisseurs non europĂ©ens pour ses produits, services et infrastructures numĂ©riques.

L’Europe sait mieux rĂ©guler, certifier, sĂ©curiser, normaliser et protĂ©ger les droits. Mais elle dĂ©pend encore trĂšs fortement des AmĂ©ricains et des Chinois : cloud, systĂšmes d’exploitation, smartphones et ordinateurs, semi-conducteurs avancĂ©s, IA de frontiĂšre, plateformes, rĂ©seaux sociaux, app stores, publicitĂ© numĂ©rique 


Bruxelles veut donc accĂ©lĂ©rer. Triplement des capacitĂ©s europĂ©ennes en data centers, nouveau texte sur les semi-conducteurs, soutien aux infrastructures d’IA, stratĂ©gie open source : la Commission europĂ©enne multiplie les annonces. PrĂšs de 200 Mds € pourraient ĂȘtre mobilisĂ©s pour les data centers d’ici 2036, principalement auprĂšs du privĂ©.

Mais cette reconquĂȘte aura un coĂ»t. Les solutions europĂ©ennes risquent, dans un premier temps, d’ĂȘtre plus chĂšres et moins performantes que celles des gĂ©ants amĂ©ricains, tandis que la fragmentation des Vingt-Sept continue de peser sur l’émergence d’une vĂ©ritable politique industrielle numĂ©rique. L’objectif n’est donc pas l’autarcie, mais la maĂźtrise des dĂ©pendances jugĂ©es stratĂ©giques, Ă  l’heure oĂč l’IA accĂ©lĂšre la recomposition des rapports de force.

Qwant fera-t-il ses preuves ?

Le Parlement europĂ©en offre ainsi Ă  Qwant une vitrine prĂ©cieuse. Mais le vrai test sera l’usage. Si les utilisateurs reviennent rapidement Ă  Google, la dĂ©cision restera un geste symbolique. Si Qwant amĂ©liore ses rĂ©sultats, son index et son expĂ©rience grĂące Ă  cette exposition, le pari deviendra plus crĂ©dible.

La souveraineté numérique ne se décrÚte pas dans un communiqué. Elle se construit avec des produits solides, des investissements patients et une commande publique cohérente.

L’Europe contre-attaque : mieux vaut Qwant que jamais.

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L’ACTU COCORICO 🐓

đŸ‡«đŸ‡· ALMA, CHAMPION FRANÇAIS AU SERVICE DES COMMERÇANTS

En Europe, et notamment en France, il existe heureusement des champions technologiques capables de s’imposer sur des marchĂ©s dominĂ©s par de grands acteurs internationaux. 

C’est le cas d’Alma, une fintech (start-up dans la finance) fondĂ©e en 2017 Ă  Paris qui s’est spĂ©cialisĂ©e dans le paiement fractionnĂ© et diffĂ©rĂ©, avec une promesse simple : aider les commerçants Ă  vendre davantage en levant le frein du prix au moment de l’achat.

La solution s’adresse aussi bien Ă  l’e-commerce qu’aux points de vente physiques. En boutique, Alma permet Ă  un client de rĂ©gler son achat en plusieurs fois par carte bancaire ou lien de paiement au moment du passage en caisse. 

Pour le commerçant, la promesse est claire : jusqu’à 15 % de chiffre d’affaires supplĂ©mentaire grĂące Ă  un service additionnel proposĂ© sans exposition au risque d’impayĂ©, Alma garantissant le paiement et prenant en charge le recouvrement.

Dans les secteurs oĂč les paniers sont Ă©levĂ©s — Ă©lectronique, ameublement, optique, voyage, bien-ĂȘtre ou tĂ©lĂ©coms — l’outil devient un levier commercial Ă  part entiĂšre.

Les chiffres confirment le changement d’échelle. En 2025, Alma a atteint 114 M€ de revenus annuels rĂ©currents, en hausse de 32 % sur un an, et a dĂ©gagĂ© pour la premiĂšre fois un rĂ©sultat net positif. 

La sociĂ©tĂ© revendique dĂ©sormais 23 000 commerçants partenaires en Europe et 9 M d’utilisateurs.

Pour les commerçants, le message est clair : le paiement n’est plus une simple Ă©tape administrative. Bien intĂ©grĂ© en boutique ou sur un site e-commerce, il devient un outil de conversion, d’augmentation du panier moyen et de fidĂ©lisation client.

La France a tout pour rĂ©ussir đŸ‡«đŸ‡·

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LA MINUTE CULTURE đŸ“ș

SAGRADA FAMÍLIA, LE RÊVE ACHEVÉ DE GAUDÍ đŸ‡Ș🇾

Au cinquiĂšme jour de son voyage apostolique en Espagne, le pape LĂ©on XIV a bĂ©ni, mercredi 10 juin Ă  Barcelone, la tour de JĂ©sus-Christ, la plus haute tour de la Sagrada FamĂ­lia, avant de cĂ©lĂ©brer une messe dans ce joyau architectural signĂ© GaudĂ­, devenu l’église la plus Ă©levĂ©e du monde.

© Christopher Politano

CommencĂ©e en 1882, la Sagrada FamĂ­lia n’est pas seulement le grand Ɠuvre d’Antoni GaudĂ­ : c’est un organisme de pierre, de lumiĂšre et de foi, dressĂ© au-dessus de Barcelone comme une forĂȘt mystique. 

Colonnes inclinĂ©es semblables Ă  des arbres, arcs en chaĂźnette dĂ©fiant la pesanteur, tours hĂ©rissĂ©es de mosaĂŻques colorĂ©es : tout y porte l’empreinte du modernisme catalan, que l’architecte porta Ă  son point d’incandescence, du parc GĂŒell Ă  la Casa BatllĂł.

Mais l’épopĂ©e est aussi celle d’une transmission contrariĂ©e. AprĂšs l’incendie de l’atelier de GaudĂ­ en 1936, ses hĂ©ritiers durent recomposer sa pensĂ©e Ă  partir de fragments, de maquettes mutilĂ©es et d’intuitions.

Faut-il prolonger fidĂšlement la vision du maĂźtre ou accepter que l’édifice, Ă  l’image des cathĂ©drales mĂ©diĂ©vales, soit traversĂ© par plusieurs mains ? Entre archives, chantier et reconstitutions en 3D, Marc Jampolsky signe une enquĂȘte ample et habitĂ©e sur un chef-d’Ɠuvre toujours en devenir.

Un sacre symbolique dont ce documentaire ARTE retrace en 90 min la vertigineuse destinĂ©e (AccĂšs gratuit) 👇

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C’est tout pour aujourd’hui !

Merci pour votre confiance, Ă  jeudi prochain đŸ™Œ

La rédaction

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